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L’État doit rester le garant de la cohésion nationale et de l’ordre public social mais il n’a rien à redouter de laisser une plus grande place aux partenaires dans la définition et l’élaboration des normes sociales

François Hollande dans Le Monde du 14.06.2011

Dans un billet précédent, je réaffirmai ma conviction de centriste, tendance Démocrate-Sociale. Je ne regrette pas ces lignes et je n’ai pas l’intention de revenir sur ces motivations profondes qui ont fondé et continuent de fonder mon engagement. Ce qui a changé, en revanche, c’est le lieu où elles peuvent se déployer et se vivre d’une manière cohérente avec ce que j’attends d’un projet politique de gouvernement.

Comme beaucoup, j’ai quitté de MoDem récemment. Les raisons sont nombreuses mais les principales sont que je ne me retrouve plus dans cette autosuffisance, cette auto-assurance d’un parti qui devenait plus personnel que personnaliste. Ce que son leader reproche quant à l’exercice autocrate du pouvoir au locataire de Élysée est l’identique dans le gouvernement du Parti. J’avoue avoir toujours du mal avec l’idolâtrie….

Dans les prochains mois se déroulera l’élection présidentielle. Cela déterminera, selon l’édile choisi, une manière spécifique de mener la politique de la Nation. Il est clair, au vu des convictions énoncées, que le président de la République actuel, sauf – et encore – réplique de 2002, n’aura pas ma voix. Le(s) centre(s) élimé(s), il me reste donc à regarder juste sur ma gauche. Les primaires en vue de la désignation du candidat de gauche à ladite élection permettent de faire un véritable choix et ce malgré l’élimination de Dominique Strauss-Kahn.

Mon choix se porte sur François Hollande. A mon sens il a le plus la stature ; la sagesse et le recul suffisant pour exercer la fonction de président de la République. Ses engagements dans la campagne des primaires  sont réalistes et raisonnables. Il ne se laisse pas aller à la surenchère des propositions et ne semble pas s’enorgueillir des sondages qui lui sont favorables. La modestie et la pugnacité ne sont pas antithétiques. Il faut de la volonté, de la détermination sans oublier un projet capable de tenir la route pour désirer devenir le locataire, pour au moins 5 ans, du Palais de Élysée.

Ce qui est marquant chez François Hollande c’est la clarté de sa pensée et de ses objectifs. Ses prises de paroles sont plus souvent dans la construction, dans l’annonce d’une conviction, d’un plan à mettre en place en cas de victoire plutôt que dans la dénonciation et la critique de ses opposants ou/et concurrents. Notre pays a besoin de se réconcilier avec le politique. Il me semble qu’il est plus que temps de dire les choses et de mettre les Français devant leurs responsabilités au lieu de leur faire prendre des vessies pour des lanternes. François Hollande a ce courage, non sans humour ; il ose cette parole sincère. Même s’il a gouverné de PS durant de nombreuses années, il ne semble pas être devenu un apparatchik, un homme enfermé dans un système répétant sagement le savoir ingurgité durant toutes ces années. Ses propositions réalistes notamment dans le dialogue avec les partenaires sociaux au travers celle de « démocratie sociale » permettraient de donner une véritable place aux acteurs sociaux. C’est de cela dont notre pays à besoin, d’entrer en dialogue, de réfléchir ensemble, de partager les idées même et surtout celles qui différent, qui divergent. Cela François Hollande en fait le cœur de son projet politique pour 2012.

C’est une raison suffisante qui me fait croire en ses chances et m’invite à quitter ma famille politique originelle pour rejoindre François Hollande et faire tout ce qui m’est possible pour le porter à la magistrature suprême en 2012.