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Notre temps peut nous inciter à une certaine autarcie et à voir dans les autres un danger, un ennemi. Pourtant, il est essentiel de s’ouvrir à cet autre et de créer avec lui de vrais espaces de rencontre pour grandir en humanité et construire ensemble notre société sur des bases saines.

Faire attention aux choses est une constante dans notre quotidien. Sur les quais de gare, nous entendons constamment cet appel à la vigilance tant au niveau des objets des autres, au cas où ils contiendraient des bombes, que des nôtres, au cas où il y aurait des pickpockets… En fait, cet appel risque de nous conduire facilement à considérer l’autre comme une menace, comme celui qui risque de venir pour me nuire. C’est peut-être la cause de tant d’attitudes de repli sur soi, d’incivisme et d’impolitesse. L’autre devenant une menace, je me protège en devenant piquant, tel un cactus, et je me referme sur moi et mon « petit pré carré ».

Les autres sont une chance

Pourtant, les autres sont une chance car ils me permettent de grandir dans ce qui me fait être et devenir. C’est pour cela qu’il ne faut jamais négliger les rencontres, pour autant que la bienveillance soit de mise et qu’il n’y ait pas de volonté de manipuler l’autre. Elles sont une vraie richesse. Nous ne devons pas avoir peur de dire ce que nous sommes, quelles sont nos convictions profondes. Ces occasions de rencontres fonctionnent très souvent comme des révélateurs de ce que je porte comme désir intérieur. En ouvrant le dialogue avec l’autre, dans la confiance, je peux affiner mon opinion, mes convictions et m’ouvrir à de nouveaux horizons.

Respecter la parole d’autrui

Dans une parole vraie, posée en confiance, c’est souvent un peu de la vie de celui qui parle qui est offerte. Il nous faut donc apprendre à la respecter avec d’infinies précautions, même et surtout si elle me pose question et si je suis en désaccord, sous réserve tout de même du bon sens et des bonnes mœurs. Ce respect pour la parole de l’autre est inévitablement lié au respect de la densité de l’autre. Cela passe par cette retenue dans mon comportement à son égard. La vie de l’autre, la pensée de l’autre, l’agir de l’autre sont infiniment précieux et en aucun cas, je ne dois m’immiscer, sans avoir été invité, dans son intimité. A quel titre aurais-je droit de le contraindre à faire ce que j’ai décidé, sous prétexte que « c’est bon pour lui » ? Que savons-nous de ce qui est bon pour l’autre ? C’est prendre le risque d’imposer nos choix, notre façon de voir. Se comporter ainsi c’est restreindre la liberté de l’autre et le condamner à marcher sur une route qui n’est pas la sienne, qui ne lui convient pas. C’est également ne pas respecter la profondeur de son humanité et sa capacité à grandir dans ses choix. Toutefois, il est du devoir de chacun d’alerter lorsque l’autre semble partir vers une situation dangereuse ou vers ce qui me semble être une impasse. Là encore, il faut agir avec une douceur et une délicatesse infinie. La force, la coercition ne sont jamais de bonnes conseillères, de même que la violence verbale, voire physique.

Soyons donc doux et vigilants avec nos contemporains. L’être humain est une valeur qui à un prix inestimable, qui vaut bien plus que de l’or ou je ne sais quel métal précieux. Ayons donc à cœur de manifester à chacun de ceux qui sont nos frères et nos sœurs en humanité un véritable intérêt pour ce qu’ils sont en profondeur.