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CCommunauté Mission de Franceela va faire bientôt un an que François Hollande a été élu. Sur la politique économique les choses sont certainement complexes et longues à permettre un changement. En revanche, nous aurions pu attendre une véritable inclinaison des politiques de lutte contre les exclusions et sur la manière dont les personnes Roms sont traitées. Aujourd’hui encore, des campements sont expulsés manu militari. Alors, le changement, là encore c’est pour quand ?

Le 4 avril dernier, lors de sa réunion trimestrielle, la Conférence des responsables de culte en France a publié un communiqué où elle s’inquiète du non-respect des personnes et affirme avec force que

sans respect des personnes et des fonctions et sans fiabilité de la parole, il n’y a pas de vie démocratique possible

Respecter la parole donnée
Il serait temps que les responsables politiques œuvrent fermement à ce respect de la Parole. Comment demander des efforts à nos concitoyens, si le mépris et le refus du dialogue est le porche de l’action politique. François Hollande nous avait habitué à mieux, lui qui était décrit comme l’homme du consensus, de la consultation, l’homme des synthèses. A l’heure actuelle, c’est un peu morne plaine que ce changement promis… Ce qui m’agace profondément c’est la manière dont ces personnes sont traitées par l’actuel ministre de l’Intérieur. Lorsque la majorité actuelle était dans l’opposition, elle poussait des hauts cris, à juste titre, sur le comportement des forces de police, obéissant aux ordres de M. Guéant, à l’égard des Roms. Aujourd’hui, même si les expulsions ne sont plus faites à grand renfort de déclarations publiques, elles demeurent. Les pelleteuses accompagnées des forces de l’ordre en habits antiémeutes agissent de la même manière. A quand une politique qui entre dans la compréhension des choses et qui agit plus en amont, pour éviter des situations dramatiques ?
Une situation ubuesque
Le problème des campements est une chose mais le plus préoccupant avec la situation sanitaire est celui de la scolarisation des enfants. L’enjeu dans cette situation : la dignité des personnes et la mise en place de véritables conditions propices à leur insertion. Cette insertion est somme toute entravée par leurs difficultés en matière d’accès à l’emploi et surtout par l’interdiction de certains maires de scolariser les enfants de familles Roms. Si les pouvoirs publics ne facilitent pas l’insertion et mettent de la mauvaise volonté, cela ne va pas aider les personnes à prendre une place à part entière dans la société. C’est le même problème pour les personnes en situation d’exclusion… En fait, la différence déstabilise souvent nos idées toutes faites et au lieu de faire naître en nous un questionnement nous nous réfugions dans la peur…
Engagés auprès des Roms
Auprès de ses personnes Roms, des hommes et des femmes de bonne volonté s’engagent. Chrétiens ou non. Ils sont présents au nom de l’humanité partagée et mettent tout en œuvre pour les aider dans les tracasseries quotidiennes administratives. Ces personnes apportent un soutien fraternel devant les expulsions et aussi une lutte active pour que les pouvoirs publics puissent mettre en œuvre une véritable politique d’intégration. Parmi ces personnes, soulignons l’engagement actif de membres de la Communauté Mission de France. Engagements aussi divers que peut l’être ce diocèse catholique. Ils sont notamment habités du souci de la rencontre et tâchent par ce engagement concret de mieux comprendre la situation des Roms.
Vivre la rencontre
Cette attitude est habité du désir de vivre véritablement la rencontre, de ce lointain pourtant si proche. Ce qui est marquant est , que « cet engagement qui engage toute la Communauté Mission de France« , comme le disent son prélat Yves Patenôtre et son conseil dans une lettre adressée à ses membres est issu du terrain, du l’engagement concret de certain de ses membres. Il ne s’agit pas d’une prise de position politique contre tel ou tel mais bien de vivre cette recherche « de la justesse de l’attitude chrétienne » qui est le cœur de la recherche et de la vie de ce diocèse. C’est une belle manière d’enraciner concrètement la collégialité et la subsidiarité, éléments clés de la vie de l’Eglise.

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