L’Avent ! Noël ! Nos villes voient apparaître des chalets qui vendent divers artisanats plus ou moins locaux et autres vins chauds. Les grandes surfaces font le plein de boîtes de chocolats (et de galette des rois.. mieux vaut être prudent…) sur des airs musicaux alliant cantiques et autres musiques traditionnelles. Ici ou là ce sont des crèches (sans volonté de polémiquer) qui naissent. Nous pouvons y reconnaître alors – avec, parfois, un peu d’imagination – le bœuf et l’âne gris, la paille de la crèche, Marie et l’enfant Jésus… Ah oui ! J’oubliais celui que nous oublions souvent, en cette période de Noël, Joseph.

Sans Joseph paradoxalement, rien n’aurait été possible. Et pourtant, l’Évangile ne lui consacre que peu de place. De lui, seule sa filiation nous est connue et son intention de « répudier Marie en secret ». J’imagine quelle put être sa tristesse quand il apprit que son aimée attendait un enfant qui n’était pas de lui. Je ne sais pas si son cœur s’est déchiré ou si ses larmes ont coulé mais la peine était sans nul doute présente en Lui. Et puis, l’Ange – dont nul ne connaît le nom contrairement à celui de Marie – lui apparaît (cf Mt 1, 18-25). Là est le socle de l’annonciation qui lui est faite.

Invitation

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Point de salutations mais une même invitation que celle faîte à Marie : « sois sains crainte ». L’Ange est un peu brutal avec Joseph. Il semble faire peu de cas de sa tristesse et ne cherche pas à le consoler mais l’enjoint à l’action. Il y a tout de même de quoi être étonné par cette rusticité : d’autant plus que ce n’est pas tous les jours qu’un Ange vient vous saluer… C’est peut-être une invitation pour nous à dépasser nos doutes, aigreurs, incompréhension pour aller servir davantage la vie, l’amour, ce qui est promesse d’avenir dans notre monde. C’est un appel, malgré les apparences, à se laisser consoler par l’envoi en mission vers des horizons nouveaux insoupçonnés. La mission reçue de la part du Père doit nous donner des ailes malgré nos fragilités, faiblesses et craintes. Joseph peut sans doute, à cet égard, nous être d’une grande aide dans notre quotidien.
Cet appel pour Joseph est tout de même particulier :
être l’époux de la femme qui a enfanté par le Saint Esprit. Avouons que la concurrence est rude et sérieuse…

Obéissance

Ce qui est séduisant dans cette page d’Évangile c’est l’obéissance de Joseph. Contrairement à Marie, il ne pose pas de question (enfin l’Évangile ne nous en fait pas l’écho) ; il obtempère et accueille chez lui sa promise. Nous pouvons, peut-être, recevoir ce passage comme une invitation à exercer le discernement afin de saisir ce qui est bon pour nous, ce qui vient du « bon esprit » comme dirait Ignace et accueillir ce qui fait la joie de nos vies. Souvent, nous sommes comme ces petits enfants qui interrogent sans cesse de leur « Pourquoi ? ».

Apprenons de Joseph, le oui inconditionnel, habité de l’intime conviction que cela est bon pour nous même et surtout au-delà de l’étonnement ou de l’incongruité de ce qui arrive.

Paternité

L’Église parle assez peu de Joseph, il n’y a pas de « Josephologie » même si certains Pères de l’Église ont écrit à son propos. Pourtant, il tient une place prépondérante dans l’histoire du Salut. Il est de la racine de Jéssé, de la descendance de David ce qui donne aux promesses du Premier Testament de s’incarner en son Fils. Sa justesse et sa loyauté sont aussi d’heureuses mémoires. Il me semble qu’il est l’homme debout, celui qui tient bon contre vents et marées sans pour autant faire de vagues. Sa discrétion est aussi souvent mise en avant comme, peut-être, pour mieux mettre la filiation divine en lumière. Il est en quelque sorte, l’application parfaite de la célèbre citation d’Irénée de Lyon : « + » ;

Joseph en se faisant père de l’enfant Dieu, permet à Jésus d’être pleinement fils, de Dieu et de Joseph, et ainsi de laisser à l’un la paternité divine, à l’autre la paternité terrestre.

Prenons donc un temps pour visiter la crèche et arrêtons-nous devant la figure de Joseph. Laissons donc nos sentiments se frayer un cœur jusqu’à l’intime de notre foi pour entendre ce que l’Enfant-Dieu veut nous enseigner au travers de la sage figure de son père Joseph. Peut être alors trouverons-nous le nécessaire pour renouveler davantage notre foi et l’ancrer davantage dans une véritable attitude humaine et spirituelle qui nous ferait être des « hommes et des femmes pour les autres ». Demandons donc cette grâce, les uns pour les autres.

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