Toujours au cœur du temps pascal, nous avons entendu ce troisième dimanche de Pâques, le cri du psalmiste : « ʺBeaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ?ʺ ». Tant d’hommes et de femmes recherchent le bonheur au cœur de leur vie que nous ne pouvons pas de ne pas être insensibles à cette question. D’autant que la liturgie nous la renvoie.

Nos contemporains désireux de ce bonheur font du yoga, des activités de développement personnel, etc. Cela est le signe que notre société ne va pas si bien, que la mélancolie, la tristesse, l’angoisse sont présents au cœur de ce monde. Cela se comprend sans mal à entendre les informations. Rechercher ce bonheur dans les choses est peut-être une quête infinie, un peu comme le mythe de Sisyphe.

Pour nous chrétiens, ce bonheur n’est pas une chose c’est une personne. Le Bonheur est le Christ qui nous fait devenir ses compagnons, en nous partageant son pain et sa parole. En devenant compagnons du Christ, nous devenons aussi compagnons les uns des autres. Notre proximité avec Lui nous appelle à une proximité renouvelée avec celles et ceux qui partagent notre réalité quotidienne. Ce compagnonnage avec le Christ nous fait également devenir témoin de sa résurrection, apôtre de la miséricorde du Père, dépositaire de la force de l’Esprit Saint. Pour autant, nos contemporains peuvent s’interroger, ou nous interroger sur notre foi, notre choix d’avoir pris la route du Christ.
Ce qui est étonnant c’est ce choix du Christ de ne pas faire sans nous. A plusieurs reprises dans l’Évangile, comme dans celui entendu ce matin, il demande à ce que nous le nourrissions. Il est Celui de qui nous avons la vie, l’espérance et l’être comme dit Paul, mais il a choisi d’avoir besoin de nous pour se révéler. En partageant les repas avec ses contemporains, le Christ nous dit qu’il se fait l’un de nous et qu’il a besoin de se nourrir de ce qui nous fait vivre.

Nous sommes là dans le paradoxe de Dieu : celui nous fait vivre vient partager ce qui nous fait vivre. C’est bien là le vrai sens du compagnonnage : partager le pain et la parole.

Cela peut nous aider à nous interroger sur nos manières de vivre. Sommes-nous attentifs à ce que les autres nous partagent au-delà de la banalité de la météo, ou de ces lundis où nous aimerions être encore dimanche ? Demandons la grâce d’un cœur qui sache entendre les murmures du cœur de l’autre pour les porter auprès du Christ et, si nous avons le charisme, d’aider l’autre à les porter, à les supporter. Partager ce que nous sommes avec l’autre c’est aussi entrer dans une proximité avec lui. Nous pouvons également oser demander à l’autre s’il n’a pas de quoi nous nourrir. C’est important afin de ne pas prendre une position de supériorité dans nos rapports humains. Le Christ nous fait devenir frère / sœur de chacun·e ce qui signifie que nous sommes enfants d’un même Père. Nos différences ne sont pas celles de notre position sociale ou ecclésiale, mais de caractère, de charismes, d’expériences rencontrées… C’est au cœur de ces différences en les acceptant, en les accueillant, en les supportant même que nous pourrons vraiment goûter la joie, le bonheur qui nous viennent de Dieu.

N’oublions pas tout au long de cette semaine que l’Amour de Dieu est premier et qu’il ne cesse de venir à notre rencontre pour nous communiquer Sa Joie et Sa Paix. Demandons la grâce de savoir le reconnaître au cœur de nos vies et de pouvoir, en son nom, partager la Parole, le Pain et la Paix pour Sa plus grande gloire donc notre plus grand bonheur.

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